Points de vue / / Point de vue septembre 2009 : Ne tuons pas la poule aux oeufs d’or !

« Ne tuons pas la poule aux œufs d’or !! (suite) »

Dans notre rubrique « point de vue » de mai, nous redoutions que certains comportements de salariés conduisent des entreprises de notre région à se délocaliser.
Avec la liquidation d’AsteelFlash à Douarnenez, qui vient d’être décidée ce début septembre, nous avons là un bel exemple de ce que nous appelions «la disparition de la poule aux œufs d’or ».
Rappel des faits : AsteelFlash Douarnenez, entreprise de 134 salariés, confrontée à la crise économique que chacun connaît (elle fabrique des composants en sous-traitance pour l’industrie) envisage de licencier 44 salariés en mai 2009.
Le cortège désormais habituel de réactions des salariés (revendications déraisonnables, manifestations répétées, blocage de l’usine, grève de la faim), aveuglés par des leaders peu responsables, conduit à un point de non retour qui ne permet pas de trouver une issue raisonnable et rationnelle à la situation.
On connaît la suite : Mise en redressement judiciaire le 18 juin, puis liquidation le 4 septembre 2009. Espérons que la liste ne s’allonge pas !
Résultat : Au lieu de 44 emplois, ce sont 134 qui disparaissent.
Il va falloir maintenant que la collectivité, donc les impôts des entreprises pour l’essentiel, prenne en charge les 134 personnes qui vont chercher un emploi, de préférence dans leur secteur (on peut le comprendre).
Le problème est que la Cornouaille est excentrée et que les investisseurs ne se pressent pas pour installer de nouvelles usines à l’écart des lieux de consommation des clients français ou européens.
Moralité : Dans notre région et plus qu’ailleurs, notre comportement devrait être plus constructif, à la recherche d’un dialogue permanent, moins extrémiste qu’ailleurs afin de réussir plus vite qu’ailleurs les investissements de développement, de passer mieux qu’ailleurs les caps difficiles et de donner l’envie aux investisseurs de venir implanter des entreprises : ils passeront sur notre handicap d’éloignement géographique, parce que le climat social est agréable, la recherche du bon compromis est privilégiée, et la lutte des classes est un concept dépassé.
Notre caractère Breton nous y prédispose, notre sérieux, notre assiduité et notre ardeur au travail sont reconnus par ceux qui nous connaissent bien.
Encore faudrait-il que cette réputation passe les frontières et soit le reflet de la réalité.
Au Danemark, où cette culture du dialogue social constructif est la règle depuis toujours, où le patron n’est pas perçu comme un ennemi mais plutôt comme un maillon indispensable, le chômage est à 3%.

A quand une Bretagne à la Danoise ?

Daniel Champs
Porte Parole du Club